
Chaque année, des milliers de contribuables décident de transférer leur domicile fiscal à l’étranger. Derrière cette démarche, une réalité commune : la pression est l’une des plus lourdes d’Europe, avec un taux marginal d’imposition qui dépasse 45 % pour les revenus les plus élevés, auquel s’ajoutent les cotisations sociales, la flat tax et d’autres prélèvements obligatoires.
Mais partir fiscalement de France ne s’improvise pas. L’administration française a mis en place plusieurs mécanismes pour encadrer, voire taxer, ce départ. Le plus redouté tient en deux mots : exit tax. Mal anticipée, cette taxe peut représenter un choc financier considérable au moment de partir.
Ce guide complet vous explique ce qu’est l’exit tax, comment fonctionne le transfert de domicile fiscal, quelles sont les obligations légales à respecter, et pourquoi la Géorgie s’impose aujourd’hui comme l’une des destinations les plus attractives pour votre départ fiscal.
Sommaire
Qu’est-ce que l’exit tax en France ?
L’exit tax est un mécanisme instauré par la loi de finances rectificative de 2011, codifié à l’article 167 bis du Code général des impôts. Son objectif est simple : empêcher les contribuables de transférer leur domicile fiscal pour céder leurs actifs (actions, parts de sociétés, valeurs mobilières) dans un pays à fiscalité plus favorable.
Le principe de l’exit tax
Lorsque vous transférez votre domicile fiscal hors de France, l’administration considère que vous avez réalisé une plus-value latente sur vos participations financières, même si vous n’avez encore rien vendu. Vous êtes imposé sur un gain que vous n’avez pas encore encaissé. Ce mécanisme s’inscrit dans un dispositif global de protection du patrimoine fiscal français.
Concrètement, sont visées :
- Les participations dans une entreprise (actions, parts sociales) représentant plus de 50 % du capital, ou dont la valeur dépasse 800 000 €
- Les créances liées à des clauses de complément de prix (earn-out)
- Certains contrats d’assurance-vie en unités de compte
Les taux d’imposition de l’exit tax
| Type de gain | Taux d’imposition |
|---|---|
| Plus-value sur valeurs mobilières | 31,4 % (PFU 2026) ou barème progressif |
| Plus-value sur parts de sociétés | 31,4 % (PFU 2026) ou barème progressif |
| Complément de prix (earn-out) | 31,4 % (PFU 2026) |
Le sursis de paiement : automatique ou sur demande ?
L’exit tax n’entraîne pas nécessairement un paiement immédiat au moment de votre départ. Tout dépend de votre destination.
Quel est votre pays de destination?
Pour un départ vers un État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, le sursis est automatique et inconditionnel : vous déclarez, mais vous ne payez rien au moment du départ.
Pour un départ vers un pays tiers comme la Géorgie, la situation est plus nuancée et mérite d’être précisée.
La France et la Géorgie ont signé une convention fiscale bilatérale entrée en vigueur en 2010, qui couvre notamment l’assistance mutuelle en matière de recouvrement des créances fiscales. En théorie, les pays ayant conclu avec la France à la fois une convention d’assistance administrative contre la fraude fiscale et une convention d’assistance mutuelle au recouvrement ouvrent droit au sursis automatique, sans obligation de désigner un représentant fiscal ni de constituer des garanties.
Comment ça marche concrètement?
En pratique, la liste des États tiers à l’UE effectivement reconnus comme éligibles au sursis automatique est restreinte et vérifiée au cas par cas par l’administration fiscale. La qualification de la Géorgie à ce titre n’est pas gravée dans le marbre : elle doit être confirmée au moment de votre départ par un avocat fiscaliste ou un conseiller en gestion de patrimoine international.
Si le sursis automatique ne s’applique pas, vous restez éligible au sursis sur demande. Les conditions à remplir sont alors les suivantes :
- Déclarer vos plus-values latentes via le formulaire n° 2074-ETD
- Désigner un représentant fiscal accrédité en France
- Constituer des garanties auprès du Trésor public à hauteur du montant d’impôt calculé
Attention: Cette demande doit impérativement être déposée au moins 90 jours avant le transfert effectif de votre domicile fiscal. Passé ce délai, vous perdez le droit au sursis sur demande.
Dans les deux cas (sursis automatique ou sur demande), l’impôt est ensuite dégrevé définitivement si vous conservez vos titres sans les céder pendant 2 ans (si leur valeur est inférieure à 2 570 000 €) ou 5 ans (au-delà de ce seuil).
⚠️ Le PLF 2026 avait proposé via l'amendement n°I-807 de rétablir le délai de 15 ans, mais ce rétablissement n'a pas été adopté dans la loi de finances pour 2026 définitive. Cela reste un risque politique à surveiller pour les futurs départs.
Comment transférer son domicile fiscal à l’étranger ?
Le transfert de domicile fiscal est une démarche administrative et juridique précise. Elle ne se résume pas à acheter un billet d’avion et à poser ses valises ailleurs. Pour que votre départ soit reconnu par l’administration, plusieurs conditions doivent être réunies.
Les critères de domiciliation fiscale
Selon l’article 4 B du Code général des impôts, vous êtes considéré comme résident en fonction de critères légaux. Vous tombez dans ce champ si vous remplissez au moins un de ces critères :
- Le foyer ou lieu de séjour principal : votre famille (conjoint, enfants) réside en France
- L’activité professionnelle : vous exercez une activité salariée ou non salariée en France
- Le centre des intérêts économiques : vos principaux investissements, sièges d’affaires ou sources d’intérêts économiques sont en France
Pour rompre vos liens avec le fisc français, vous devez supprimer ces rattachements. Cela implique généralement de :
- Déménager physiquement et installer votre vie principale à l’étranger
- Cesser ou transférer votre activité professionnelle
- Transférer vos actifs et intérêts économiques vers votre nouveau pays de résidence
Les démarches administratives obligatoires
Le départ fiscal ne s’effectue pas en silence. Vous avez des obligations déclaratives strictes :
- Déclaration de revenus de l’année de départ (formulaire 2042 + mention du transfert de domicile)
- Déclaration 2074-ETD si vous êtes concerné par l’exit tax, pour déclarer vos plus-values latentes
- Information du centre des impôts des non-résidents (CINR) qui prend en charge votre dossier après le départ
- Clôture ou transfert de vos comptes bancaires français si nécessaire
La règle des 183 jours
La règle des 183 jours est souvent citée, parfois de façon incorrecte. En réalité, elle n’est pas un critère absolu en droit interne, mais elle est fréquemment utilisée dans les conventions fiscales bilatérales pour déterminer dans quel pays vous êtes résident fiscal en cas de conflit.
En clair : si vous passez plus de 183 jours par an dans votre nouveau pays de résidence, cela renforce considérablement votre position en cas de contrôle.
Pourquoi choisir la Géorgie pour votre départ fiscal ?

Parmi les destinations d’expatriation fiscale en vogue, la Géorgie occupe une place à part. Ce petit pays du Caucase, membre de l’OMC, offre un cadre exceptionnel, une stabilité politique remarquable et une qualité de vie qui séduit de plus en plus d’entrepreneurs et de cadres.
Le régime Small Business Status (SBS) : 1% sur le chiffre d’affaires pour les entrepreneurs individuels
Pour la grande majorité des entrepreneurs, freelances et consultants envisageant une installation en Géorgie, le régime le plus pertinent c’est le Small Business Status (SBS).
Qui est concerné ?
Le SBS s’adresse aux Entrepreneurs Individuels (IE), c’est l’équivalent géorgien du statut de travailleur indépendant qui exercent une activité commerciale, de service ou de conseil, qu’ils soient :
- Consultants, coachs, formateurs
- Freelances en marketing, design, rédaction, communication
- Développeurs et profils tech qui ne créent pas de logiciels à proprement parler
- E-commerçants, dropshippers, affiliés
- Professionnels de l’immobilier, agents, mandataires
Certaines catégories de professions ne sont pas éligibles au Small Business Status, notamment les activités réglementées. Une analyse fine de votre projet d'expatriation avec un expert de Géorgie Facile permet dès le départ de choisir le bon code pour votre entreprise, et d'éviter les tracas. Contactez-nous.
Conditions d’accès :
- Chiffre d’affaires annuel inférieur à 500 000 GEL (environ 170 000 €)
- Enregistrement en tant qu’IE auprès du NAPR (Registre national)
- Enregistrement à l’administration fiscale géorgienne (RS.ge) avec demande d’activation du statut SBS
- Résidence effective en Géorgie (183 jours/an recommandés pour sécuriser la résidence fiscale)
L’imposition :
- 1% sur le chiffre d’affaires mensuel brut (pas sur le bénéfice net, sur le CA total)
- Au-delà de 500 000 GEL/an sur deux années consécutives, le statut est révoqué et le taux passe à 3%
Un régime fiscal exceptionnel : le statut Virtual Zone
Le régime Virtual Zone Person (VZP) géorgien est l’un des plus attractifs au monde pour les entreprises de services numériques. Il permet aux sociétés géorgiennes opérant hors du territoire national de bénéficier d’une exonération totale d’impôt sur les sociétés sur leurs revenus d’origine étrangère.
Concrètement, une société LLC ayant le statut Virtual Zone en Géorgie ne paie :
- 0 % d’impôt sur les sociétés sur les revenus de sources étrangères
- 0 % de TVA sur les prestations réalisées hors Géorgie
- 5 % de dividendes lors de la distribution des bénéfices
Ce qui amène, pour une structure bien optimisée, à un taux effectif global pouvant descendre à 1 % sur les bénéfices distribués. Mais attention, le statut de Virtual Zone en Géorgie est soumis à des conditions bien encadrées. Tout le monde n’y a pas accès et les autorités géorgiennes multiplient les contrôles et serrent de plus en plus la vis pour éviter que certains abusent de ce système.
Comparatif des charges fiscales
| Critère | France : Auto-entrepreneur / TNS | Géorgie : IE + Small Business Status (SBS) |
|---|---|---|
| Structure | Micro-entreprise ou EIRL | Individual Entrepreneur (IE) |
| Impôt sur le revenu / CA | 12,8% à 22% de cotisations + IR au barème progressif (jusqu’à 45%) | 1% sur le CA brut mensuel |
| Cotisations sociales | 21,2% à 45% selon activité | 0% |
| TVA | 20% au-delà des seuils de franchise | 0% sous 100 000 GEL (~34 000€) de transactions locales |
| Taux effectif global | 40 à 60% tout compris selon revenus | 1% |
| Plafond de CA | 77 700€ (services) / 188 700€ (vente) | ~170 000€ (500 000 GEL) |
| Convention fiscale avec la France | – | Oui |
| Délai de création de société | 1 à 5 jours | 1 à 3 jours |
| Capital minimum | 0 € | 0 € |
La résidence fiscale géorgienne : des conditions accessibles
Pour devenir résident fiscal en Géorgie, la règle principale est de séjourner 183 jours ou plus par an sur le territoire géorgien. La Géorgie propose également un programme appelé « High Net Worth Individual » (particulier au patrimoine élevé) permettant dans certains cas d’obtenir la résidence sans condition de présence physique six mois par an, sur justification de revenus ou d’actifs suffisants.
En pratique, ce dispositif est soumis à des conditions de ressources ou d’actifs précises fixées par l’administration géorgienne, et son octroi relève d’une appréciation au cas par cas. Il ne constitue pas une voie d’accès ouverte à tous : il cible principalement les investisseurs ou les personnes à fort patrimoine qui souhaitent établir leur résidence fiscale en Géorgie sans y résider à plein temps.
Pour la majorité des entrepreneurs, freelances et consultants que vise cet article, cette option est rarement la plus pertinente, et demande un accompagnement personnalisé préalable. Nous publierons prochainement un article dédié au statut HNWI en Géorgie.
En conclusion, la voie la plus directe et la plus accessible pour devenir résident fiscal géorgien reste, dans la majorité des cas, le séjour effectif de 183 jours ou plus sur le territoire géorgien au cours d’une même année civile.
Comment éviter l’exit tax légalement ?
L’exit tax France n’est pas une fatalité. Il existe plusieurs stratégies légales, validées par la doctrine, pour en minimiser l’impact ou s’en exonérer totalement. Un disclaimer ici : l’objectif de cet article n’est pas d’inciter à l’évasion fiscale, mais bien à réfléchir une planification de votre projet d’expatriation personnelle et professionnelle de façon, justement, à être en règle avec les lois.
Stratégie 1 : conserver ses titres après le départ
C’est la solution la plus simple et la plus efficace en termes de gestion patrimoniale. Si vous ne cédez pas vos titres après avoir transféré votre domicile fiscal, l’exit tax reste en sursis. Au bout de 2 ans si la valeur des titres est inférieure à 2 570 000 €, 5 ans au-delà (quelle que soit la destination, dès lors que le sursis est accordé), l’impôt fait l’objet d’un dégrèvement d’office. Et ce, sous réserve qu’aucune cession ni autre événement de déchéance ne soit intervenu pendant le délai.
Si vous n’avez pas prévu de céder vos titres dans les deux à cinq ans suivant votre départ, cette stratégie peut suffire à neutraliser totalement l’exit tax. Attention : la moindre cession partielle pendant le délai de sursis suffit à rendre l’impôt immédiatement exigible sur l’intégralité des plus-values latentes déclarées au départ.
Stratégie 2 : optimiser la valeur de ses actifs avant le départ
L’exit tax est calculée sur les plus-values latentes à la date du départ. Si vous anticipez suffisamment tôt, il peut être pertinent de :
- Réaliser certaines cessions avant votre départ, lors d’années à montant d’impôt réduit, pour bénéficier du barème progressif à taux inférieur
- Utiliser des mécanismes d’apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) pour neutraliser certaines plus-values
- Comprendre le calcul exact de vos plus-values latentes avec un expert pour prendre les bonnes décisions
Stratégie 3 : demander le sursis de paiement
Pour un départ vers la Géorgie, le sursis de paiement peut être automatique si la convention franco-géorgienne est reconnue comme éligible par l’administration fiscale au moment de votre départ. Ce point doit être vérifié avec un spécialiste.
Si le sursis automatique ne s’applique pas, il reste accessible sur demande. Les conditions à remplir sont alors :
- Désigner un représentant fiscal accrédité en France
- Constituer des garanties auprès du Trésor public à hauteur du montant d’impôt calculé
- Déposer la demande via le formulaire n° 2074-ETD au moins 90 jours avant le transfert effectif de votre domicile fiscal
Dans les deux cas, cette démarche doit être anticipée bien en amont, avec l’accompagnement d’un avocat fiscaliste.
Stratégie 4 : restructurer en amont
Dans certaines configurations, une restructuration juridique préalable au départ peut réduire significativement l’assiette de l’exit tax. Cela peut passer par des donations à des proches restés en France, des apports à des sociétés holdings transférant votre contrôle, ou d’autres opérations de réorganisation patrimoniale.
Vous conservez ainsi des options pour optimiser votre patrimoine global avant le transfert, dans le respect des règles de dégrèvement applicables et des clauses contractuelles de vos structures. Une restructuration préalable peut également inclure une évaluation de la valeur de votre entreprise et de vos titres, afin d’identifier les valeurs cachées et les optimisations possibles.
💡 Attention : ces opérations doivent impérativement être réalisées avec l'accompagnement d'un spécialiste, sous peine d'être requalifiées en abus de droit par l'administration.
Les erreurs à éviter lors de votre départ fiscal

Quitter le pays fiscalement est une décision majeure. Voici les pièges les plus fréquents observés chez les expatriés :
- Ne pas déclarer son départ : l’administration peut requalifier votre situation et vous réclamer des impôts plusieurs années après votre transfert si vous n’avez pas effectué les déclarations obligatoires
- Maintenir des liens trop forts avec le pays : famille restée en France, résidence principale conservée, activité professionnelle non transférée. Ces éléments peuvent suffire à maintenir votre domicile fiscal et restreindre vos droits
- Confondre domicile fiscal et statut administratif : avoir un passeport ou une carte d’identité française ne signifie pas être résident. Ce sont deux notions distinctes ayant des conséquences différentes pour les paiements sociaux
- Ignorer la convention fiscale franco-géorgienne : la France et la Géorgie ont signé une convention bilatérale déterminant les règles de priorité d’imposition en cas de conflit et prévenant la double imposition
- Agir sans accompagnement professionnel : la complexité des règles (exit tax, convention bilatérale, obligations déclaratives, droits à réserver) rend indispensable l’intervention d’un spécialiste connaissant les titres détenus, les clauses spécifiques et votre situation globale
Ce qu’il faut retenir avant de passer à l’action
Partir fiscalement est tout à fait légal, et des milliers de contribuables le font chaque année dans le respect des règles. L’exit tax en France, bien que redoutée, est souvent moins contraignante qu’on ne le croit lorsqu’elle est anticipée correctement.
La Géorgie représente aujourd’hui l’une des options les plus solides pour un départ réussi. Pour les freelances, consultants et entrepreneurs individuels, le Small Business Status (SBS) à 1% sur le chiffre d’affaires est le régime le plus direct et le plus accessible. Pour les structures IT constituées en LLC, le statut Virtual Zone offre une exonération d’IS sur les revenus étrangers avec 5% sur les dividendes distribués. Dans les deux cas : résidence accessible dès 183 jours sur place, coût de la vie parmi les plus compétitifs d’Europe, et convention bilatérale avec la France pour éviter toute double imposition.
Pour réussir votre expatriation, trois piliers sont indispensables :
- Anticiper. Planifiez votre départ pour optimiser votre situation avant de transférer votre domicile fiscal
- Se conformer. Respectez scrupuleusement toutes les obligations déclaratives liées au transfert de domicile fiscal et à l’exit tax
- Se faire accompagner. Entourez-vous d’experts qui connaissent à la fois le droit et le système géorgien, et qui peuvent vous rendre compte de votre situation patrimoniale et fiscale globale
Vous souhaitez être accompagné dans votre départ fiscal et votre installation en Géorgie ? Contactez-nous pour échanger sur votre projet. Notre équipe est basée à Tbilissi et parle français. On vous offre les réponses à vos questions pour mettre en place un setup d’expatriation qui VOUS correspond.
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