
Beaucoup d’informations circulent sur Internet au sujet de la Géorgie et de son régime fiscal attractif pour les entrepreneurs. Mais souvent, les concepts de résidence légale et résidence fiscale sont mal définis ou mal compris, ce qui conduit à des erreurs qui peuvent coûter cher. Dans ce guide, on fait le point sur ce que vous devez savoir pour être en règle et payer jusqu’à 0% dimpôts.
Sommaire
Résidence légale et résidence fiscale : quelle différence?
Ce sont deux notions distinctes, souvent confondues, et pourtant elles peuvent conduire à des erreurs fiscales. Avec à la clé un risque de redressement par les autorités fiscales de votre pays d’origine.
La résidence légale
C’est votre statut administratif dans le pays. Etes-vous autorisé à séjourner, à vivre et à travailler sur le territoire? En Géorgie, les ressortissant de 90 pays, dont la France, bénéficient d’une autorisation de séjour d’un an sans visa. Pour être clair, vous n’avez donc besoin d’aucun titre de séjour pour vivre légalement dans le pays autre que votre passeport, et ce pendant 365 jours.
En revanche, si vous avez une activité économique sur place, vous devrez demander un permis de travail. Depuis le mois d’avril 2026, le gouvernement a exclu de cette obligation les personnes qui travaillent avec des clients non-Géorgiens. Pour faire simple, si vous êtes entrepreneur, freelance ou digital nomade, que vos clients sont à l’étranger, alors vous n’avez pas besoin d’un permis de travail pour rester en Géorgie.
Depuis le 1er janvier 2026, les visiteurs étrangers souhaitant entrer en Géorgie doivent obligatoirement disposer d’une assurance maladie et accident valide pour la durée de leur séjour.
Elle doit être rédigée en anglais (ou en géorgien). La couverture doit être au minimum de 30 000 GEL (environ 9 500€). Il convient donc de se munir de ces justificatifs avant de se rendre dans le pays.
La résidence fiscale
Elle détermine le pays où vous êtes redevable de l’impôt sur vos revenus mondiaux. Ce n’est pas forcément lié à votre résidence légale. Elle est définie par des critères précis, qui varient selon les pays. En pratique, vous pouvez très bien être résident légal géorgien sans être résident fiscal, et inversement.
Donc ce qui compte sur le plan fiscal, c’est le respect des critères définis par le Code fiscal géorgien. Et, si vous êtes Français, par la convention fiscale franco-géorgienne signée en 2007.
💡 La Géorgie fait partie des pays qui appliquent une fiscalité territoriale, c’est-à-dire que si vous êtes reconnu comme résident fiscal géorgien, vos revenus générés en dehors du pays à l’international ne sont pas imposés. D’où l’intérêt de planifier son départ.
Qui a intérêt à bouger sa résidence fiscale dans un pays comme la Géorgie?

La Géorgie attire les entrepreneurs pour des raisons très pragmatiques. Son régime fiscal est l’un des plus simples et des plus compétitifs d’Europe et d’Asie centrale, et est souvent comparé à d’autres destinations comme Dubaï, Malte ou l’Estonie. Mais attention, ce n’est pas fait pour tout le monde.
Voici les profils qui ont le plus à gagner à devenir résidents fiscaux géorgiens :
- Les entrepreneurs digitaux résidents fiscaux dans un pays fortement taxé et dont les revenus proviennent de clients étrangers (coaching, marketing, vente, SaaS)
- Les nomades numériques qui ne sont plus attachés à un territoire précis
- Les investisseurs souhaitant structurer leurs participations depuis un pays à faible fiscalité sur les dividendes et plus-values
- Les freelances ou closers facturant via des sociétés étrangères (française, américaine, etc.)
- Les personnes souhaitant sortir du système fiscal français légalement, dans le respect des conventions fiscales internationales
💡 En revanche, si vous conservez des attaches fortes en France (foyer familial, résidence principale, activité professionnelle principale), l'administration fiscale française pourra contester votre changement de résidence fiscale, même si vous avez une adresse en Géorgie.
Les 6 étapes pour devenir résident fiscal géorgien

Pour bénéficier du régime fiscal avantageux de l’entrepreneur individuel IE 1% (Small Business Status), vous devez vivre réellement en Géorgie. Voici 6 étapes pour devenir résident fiscal géorgien (les étapes 4 et 5 sont facultatives) :
- Séjourner plus de 183 jours par an sur le territoire géorgien. C’est le critère principal. Ces jours ne doivent pas nécessairement être consécutifs, mais ils doivent être documentés (tampons de passeport, historique d’entrées/sorties, compte bancaire).
- Établir une adresse physique en Géorgie. Louer un appartement et conserver un contrat de bail à votre nom est indispensable. Une adresse chez un tiers, un Airbnb ou dans un espace de coworking n’est pas suffisant en règle générale.
- S’enregistrer auprès de la House of Justice. Cet organisme géorgien équivalent à une mairie centralise les démarches administratives. L’enregistrement de votre adresse de résidence y est obligatoire.
- Obtenir un ID géorgien ou un permis de séjour (residence permit). Bien que les Français puissent séjourner sans visa pendant un an, disposer d’une carte d’identité géorgienne ou d’un permis de résidence renforce votre dossier fiscal.
- Demander un certificat de résidence fiscale auprès du Revenue Service géorgien. Ce document officiel atteste que vous êtes résident fiscal en Géorgie. Il vous sera demandé par votre banque, vos partenaires et, si nécessaire, par l’administration française.
- Couper les attaches fiscales avec la France. Informer le centre des impôts des non-résidents de votre départ, clôturer ou transférer vos comptes bancaires principaux, et éviter de conserver une résidence principale ou un foyer familial en France.
Comment payer 0% sans passer 183 jours en Géorgie
C’est l’option la plus méconnue, et pourtant bien réelle : le statut de Virtual Zone Person (VZP) en Géorgie.
Ce statut, créé par le Code fiscal géorgien, permet à une société informatique LLC enregistrée en Géorgie de ne payer aucun impôt sur les bénéfices générés auprès de clients étrangers. Concrètement, si votre société géorgienne facture des clients situés hors de Géorgie pour des services informatiques ou digitaux, le taux d’imposition sur ces bénéfices est de 0%.
Le statut VZP ne supprime pas l’impôt sur les dividendes versés aux actionnaires (5% en Géorgie), mais permet une optimisation très significative à l’échelle de la structure.
Enfin, pour les entrepreneurs individuels, le statut de Small Business géorgien permet de bénéficier d’un taux d’imposition de 1% sur le chiffre d’affaires jusqu’à 500 000 GEL par an (environ 170 000 €), sans obligation de passer 183 jours en Géorgie si les conditions de résidence légale sont remplies (sous réserve de ne pas être considéré comme résident fiscal dans un autre pays).
💡 Pour info, ces dispositifs ne dispensent pas de vérifier votre situation vis-à-vis de votre pays d'origine. En France, le départ fiscal ne s'improvise pas.
Les 4 erreurs de débutants à ne surtout pas commettre

1. Confondre visa-free et résidence fiscale
Pouvoir entrer en Géorgie sans visa ne signifie pas que vous y êtes résident fiscal. Sans les 183 jours ou un statut officiel reconnu, vous restez théoriquement résident fiscal dans votre pays d’origine.
2. Négliger la rupture avec la France
L’administration fiscale française applique ses propres critères de résidence fiscale (article 4B du CGI). Si votre foyer, votre famille ou votre activité principale (le “centre de vos intérêts économiques”) restent en France, vous pouvez être considéré comme résident fiscal français, même avec une adresse en Géorgie et un certificat géorgien.
3. Se fier à des informations non vérifiées sur les réseaux sociaux
Beaucoup de contenus sur la « flat tax à 20% » ou le « 0% garanti » simplifient à l’excès. La réalité dépend de votre structure, de votre nationalité, de la nature de vos revenus et des conventions fiscales applicables.
4. Ne pas conserver de preuves de présence physique
En cas de contrôle, vous devrez justifier vos 183 jours par des preuves concrètes : relevés bancaires géorgiens, factures de loyer, tampons de passeport, abonnements locaux. Un simple bail ou une réservation Airbnb ne suffit pas.
Résidence fiscale en Géorgie : est-ce fait pour vous?
La Géorgie offre un cadre fiscal réellement attractif, une administration simple et un coût de la vie parmi les plus bas d’Europe. Pour un entrepreneur indépendant, un consultant international ou un investisseur mobile, c’est une option sérieuse. A condition de l’aborder avec rigueur.
Ce régime est fait pour vous si vous êtes prêt à vraiment vivre en Géorgie (ou à structurer votre activité via une entité locale), si vous avez des revenus de source étrangère, et si vous êtes accompagné par un fiscaliste maîtrisant à la fois le droit géorgien et le droit fiscal de votre pays d’origine.
En conclusion, ce n’est pas fait pour vous si vous cherchez une adresse de confort pour continuer à vivre en France. Les dispositifs existent pour ceux qui jouent le jeu légalement. Pas pour ceux qui tentent de contourner les lois depuis leur pays de résidence d’origine. Prêt à franchir le pas?
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