
La Géorgie attire de plus en plus d’entrepreneurs et d’expatriés francophones qui cherchent à simplifier leur environnement fiscal sans sortir du cadre légal. Mais le sujet ne se résume pas au fameux 1 %. Avant de créer une entreprise, d’ouvrir un compte bancaire ou de calculer votre future économie d’impôt, il faut comprendre votre résidence fiscale, la source de vos revenus et le régime qui correspond réellement à votre activité.
En 2026, le cadre géorgien reste particulièrement attractif : Small Business Status à 1 % sous conditions, fiscalité territoriale pour certaines catégories de revenus, mécanisme d’imposition des bénéfices distribués des sociétés et taux de TVA de 18 %. Mais ces avantages ne fonctionnent pas tous de la même manière.
Voici donc l’essentiel à connaître avant de vous installer en Géorgie – et surtout avant de prendre une décision uniquement sur la base d’un taux d’imposition.
Sommaire
Pourquoi la fiscalité en Géorgie est-elle si attractive ?
La première chose à comprendre est que la Géorgie ne fonctionne pas exactement comme la France. Pour une personne physique résidente fiscale, le traitement d’un revenu dépend notamment de sa nature et de sa source. Le Code fiscal géorgien prévoit notamment une exonération pour certains revenus d’une personne physique résidente qui ne constituent pas des revenus de source géorgienne.
C’est ce qui explique l’intérêt de la fiscalité territoriale géorgienne pour certains profils internationaux. Mais il faut éviter le raccourci « résident géorgien = 0 % sur tous les revenus étrangers ». Un revenu professionnel, un dividende, un intérêt, une plus-value ou un revenu immobilier peuvent relever de règles différentes.
Autrement dit : le premier sujet n’est pas le taux. C’est votre situation.
Résidence fiscale en Géorgie : le point de départ
Avant de parler de 1 %, de LLC ou de fiscalité territoriale, il faut savoir où vous êtes résident fiscal. Le Code fiscal géorgien prévoit notamment qu’une personne physique devient résidente fiscale si elle a effectivement séjourné en Géorgie pendant au moins 183 jours au cours de toute période continue de 12 mois se terminant pendant l’année fiscale concernée, selon les règles de décompte prévues par le Code.
Les 183 jours n’ont pas besoin d’être consécutifs. En revanche, obtenir une résidence fiscale géorgienne ne signifie pas automatiquement que la France cesse de vous considérer comme résident fiscal. Les deux questions doivent être traitées séparément.
C’est pourquoi une expatriation sérieuse commence généralement par la transition fiscale personnelle, et non par la création d’une société.
Les principaux taux d’imposition en Géorgie en 2026
| Situation | Régime / mécanisme | Taux ou traitement |
| Activité éligible au Small Business Status | IE + Small Business Status | 1 % ; 3 % au-delà de 500 000 GEL dans les conditions prévues |
| Revenu personnel imposable standard | Impôt sur le revenu | 20 % |
| Bénéfices distribués d’une entreprise sous régime ordinaire | Profit tax | 15 % selon le mécanisme de distribution des bénéfices |
| Dividendes versés par une entreprise géorgienne | Retenue à la source | 5 % dans les cas généraux prévus par le Code |
| TVA | Taxe sur la valeur ajoutée | 18 % au taux standard |
| Certains revenus de source étrangère d’un résident | Règles de source + exonérations prévues par le Code | Traitement potentiellement exonéré selon la nature et la source |
Attention : ce tableau sert de repère. Il ne remplace pas l’analyse de votre activité et de vos flux. En fiscalité géorgienne, le même taux apparent peut recouvrir des mécanismes très différents.
Le fameux 1 % : comment fonctionne le Small Business Status ?
Le Small Business Status est l’un des dispositifs les plus connus de la fiscalité géorgienne. Pour une personne qui obtient ce statut et dont l’activité entre dans le champ du régime, le revenu imposable du Small Business est taxé à 1 %.
Le seuil à connaître est de 500 000 GEL de revenus bruts provenant de l’activité économique. Lorsque ce seuil est dépassé, le taux de 3 % s’applique, selon les règles de l’article 90, à partir du mois concerné et jusqu’à la fin de l’année civile. Des règles spécifiques existent pour certaines activités de vinotourisme et d’agrotourisme.
Le point essentiel est que le 1 % n’est pas un bouton magique. L’activité doit être éligible au statut et certaines activités sont exclues ou soumises à des règles particulières. Il faut également distinguer le régime Small Business de la question de la source du revenu.
Si vous êtes freelance, consultant, développeur, marketeur ou prestataire de services, le bon réflexe est donc de vérifier d’abord votre activité exacte avant de partir du principe que vous paierez 1 %.
Géorgie Facile accompagne notamment la création d’une entreprise individuelle et la mise en place du Small Business Status : Créer une entreprise individuelle en Géorgie avec le Small Business Status.

IE en Géorgie : pourquoi ce statut attire autant les freelances ?
L’Individual Entrepreneur, souvent appelé IE, est une forme simple pour exercer une activité en nom propre en Géorgie. Lorsqu’il est associé au Small Business Status et que les conditions sont réunies, il permet à de nombreux indépendants de bénéficier d’une fiscalité très basse.
Mais il ne faut pas choisir un IE uniquement parce qu’un influenceur annonce « 1 % en Géorgie ». Votre activité, vos clients, vos contrats, vos flux financiers, votre résidence fiscale et votre manière d’exercer doivent être cohérents.
LLC en Géorgie : 15 % sur les bénéfices distribués
La LLC géorgienne répond à une logique différente. Sous le régime ordinaire, la profit tax géorgienne est notamment déclenchée sur les bénéfices distribués et certaines autres opérations visées par le Code. Le taux de référence est de 15 %.
Il faut donc éviter une formulation trompeuse comme « une LLC paie 15 % sur ses dividendes ». Les 15 % correspondent au mécanisme de profit tax sur les bénéfices distribués. Par ailleurs, lorsqu’un dividende est versé, une retenue à la source de 5 % peut s’appliquer dans les cas généraux prévus par le Code, sous réserve des règles et exemptions applicables.
Cette distinction est importante si vous comparez une LLC à un IE. La bonne structure dépend notamment de votre niveau de chiffre d’affaires, de votre besoin de réinvestir les bénéfices, de vos associés et de la nature de votre activité.
Pour aller plus loin : Créer une société LLC en Géorgie.
Fiscalité territoriale : que deviennent vos revenus étrangers ?
C’est souvent ici que se trouve la véritable différence avec la France. Le Code fiscal géorgien prévoit qu’un revenu d’une personne physique résidente qui ne constitue pas un revenu de source géorgienne peut bénéficier d’une exonération prévue par l’article 82.
Mais « revenu étranger » n’est pas une catégorie suffisante pour conclure automatiquement à 0 %. Il faut déterminer la source fiscale du revenu, sa nature et les éventuelles dispositions spéciales qui s’appliquent.
Pour un entrepreneur qui travaille avec des clients étrangers, cette analyse peut être particulièrement intéressante. Elle permet de comprendre pourquoi deux personnes ayant exactement le même chiffre d’affaires peuvent avoir des traitements fiscaux très différents.
Si vous disposez déjà d'un patrimoine immobilier, financier ou entrepreneurial important, les enjeux sont différents : résidence fiscale, actifs conservés en France, plus-values latentes, transmission et organisation des sociétés doivent être analysés ensemble. Nous avons consacré un guide spécifique à l'installation en Géorgie avec un patrimoine important.

Et si vous n’êtes pas sous Small Business ? Le taux de 20 %
Le taux standard de l’impôt sur le revenu des personnes physiques est de 20 %, sauf dispositions particulières du Code fiscal. Il peut notamment concerner des revenus imposables de source géorgienne qui ne bénéficient pas d’un régime spécifique.
C’est pourquoi annoncer « la Géorgie taxe tout à 1 % » est faux. Le 1 % est un régime particulier, avec ses propres conditions. La fiscalité géorgienne est plus large que le seul Small Business Status.
TVA en Géorgie : un taux standard de 18 %
La TVA géorgienne a un taux standard de 18 %. Elle concerne les opérations entrant dans son champ d’application et ne doit pas être confondue avec l’impôt sur le revenu ou la taxation du Small Business.
Pour une activité internationale, la question de la TVA doit donc être analysée séparément : nature de la prestation, lieu de l’opération, client et règles applicables.
Immobilier, loyers et plus-values : une fiscalité à part
La fiscalité immobilière ne se résume pas au 1 %. Le Code prévoit notamment un taux de 5 % pour certains revenus locatifs résidentiels lorsque les conditions prévues sont réunies, ainsi que des règles spécifiques pour certaines plus-values et pour l’impôt sur la propriété.
Le traitement d’une vente immobilière dépend notamment de la nature du bien, de sa durée de détention et des règles d’exonération applicables. Si votre projet d’expatriation inclut un achat immobilier, il faut donc traiter ce sujet séparément de votre activité professionnelle.
Nouveauté 2026 : le droit au travail pour les étrangers
C’est l’une des évolutions importantes à intégrer dans tout guide 2026. Depuis le 1er mars 2026, les étrangers qui ne disposent pas d’un droit de résidence permanente et qui exercent en Géorgie une activité professionnelle ou entrepreneuriale rémunérée sont concernés par le nouveau régime du droit au travail, sous réserve des exceptions prévues par la loi.
Pour un indépendant étranger, le sujet est distinct de la fiscalité : avoir un IE ou un Small Business Status ne suffit pas, à lui seul, à répondre à toutes les obligations liées au droit au travail et au séjour.
Le droit au travail est une couche réglementaire supplémentaire à anticiper dans votre installation. Les règles ont été modifiées en 2026 et prévoient notamment des procédures spécifiques pour les travailleurs indépendants étrangers.
Quitter la France : attention à l’Exit Tax
C’est probablement l’un des sujets les plus importants pour un entrepreneur français qui possède déjà un patrimoine financier. Le fait de devenir résident fiscal géorgien ne fait pas disparaître les conséquences fiscales du départ de France.
L’Exit Tax française peut notamment concerner certaines plus-values latentes et autres éléments lorsque les conditions légales sont remplies. L’administration fiscale française indique notamment une condition de résidence fiscale en France pendant au moins six années sur les dix précédant le transfert et des seuils de détention de titres. Le dispositif prévoit également des mécanismes de sursis et de dégrèvement sous certaines conditions.
Le message à retenir est simple : ne créez pas votre structure géorgienne avant d’avoir compris les conséquences de votre départ de France si vous détenez une participation importante dans une société, un portefeuille de titres ou des plus-values latentes.
La fiscalité française de la sortie doit être analysée avec votre situation personnelle. Géorgie Facile peut vous aider à organiser la partie géorgienne de votre projet, mais une analyse fiscale française spécifique peut nécessiter l’intervention d’un professionnel compétent en France.
Double imposition : la Géorgie et la France
La question des conventions fiscales mérite également d’être regardée avant le départ. Le fait d’être résident fiscal géorgien ne suffit pas, à lui seul, à déterminer le traitement de chaque revenu provenant de France.
Selon votre situation, il faut regarder à la fois les règles internes géorgiennes, les règles françaises et les conventions fiscales applicables. C’est particulièrement important pour les revenus immobiliers, les dividendes, les intérêts, les prestations transfrontalières ou les participations dans des sociétés françaises.
Tbilissi ou Batumi : la fiscalité ne change pas, votre quotidien oui
Le choix de votre ville n’est pas une optimisation fiscale en soi. Tbilissi concentre une grande partie des services, des banques, des démarches et de l’écosystème entrepreneurial. Batumi offre un cadre très différent, notamment avec la mer et une atmosphère plus balnéaire.
Dans les deux cas, votre résidence fiscale et votre régime fiscal dépendent de votre situation et non simplement de la ville où vous posez vos valises.
La banque : utile, mais distincte de la fiscalité
Ouvrir un compte bancaire géorgien peut être une étape importante de l’installation, mais il ne faut pas confondre banque et résidence fiscale. Un compte bancaire géorgien ne vous rend pas automatiquement résident fiscal géorgien et ne constitue pas, à lui seul, une preuve que votre fiscalité personnelle est désormais géorgienne.
Les banques appliquent leurs propres procédures de connaissance du client (KYC) et peuvent demander des justificatifs sur votre identité, votre résidence, votre activité, l’origine des fonds et vos opérations prévues.
Nous avons consacré un guide spécifique à l’ouverture d’un compte bancaire en Géorgie à distance : Ouvrir un compte bancaire en Géorgie à distance.

Le vrai sujet : organiser la transition France – Géorgie
C’est ici que beaucoup de projets d’expatriation se compliquent. Les personnes commencent par créer une société, ouvrir un compte et chercher le fameux 1 %, puis se demandent ensuite comment organiser leur résidence fiscale, leurs contrats, leurs clients ou leurs obligations françaises.
La logique devrait plutôt être inversée :
1) comprendre votre situation personnelle ;
2) organiser votre départ de France ;
3) définir votre résidence fiscale ;
4) choisir la structure adaptée à votre activité ;
5) mettre en place les démarches géorgiennes ;
6) organiser banque, logement et fonctionnement quotidien.
C’est précisément cette logique qui permet d’éviter le principal risque d’une expatriation fiscale : avoir plusieurs éléments corrects pris séparément, mais un ensemble incohérent.
Alors, combien d’impôts paie-t-on réellement en Géorgie ?
La réponse honnête est : cela dépend. Un freelance éligible au Small Business Status peut avoir une fiscalité professionnelle très faible. Un entrepreneur en LLC peut relever d’un mécanisme totalement différent. Un salarié, un investisseur immobilier ou une personne percevant des revenus de source étrangère peuvent encore avoir un traitement différent.
C’est justement pour cela qu’un bon accompagnement ne commence pas par « voici votre société ». Il commence par « voici votre situation, voici les règles qui semblent s’appliquer, et voici dans quel ordre organiser votre installation ».
FAQ – Fiscalité en Géorgie
Quel est le taux d’imposition en Géorgie ?
Le taux dépend du type de revenu et du régime applicable. Le taux standard de l’impôt sur le revenu est de 20 %, tandis que le Small Business Status peut permettre une taxation à 1 % dans les conditions prévues par le Code. D’autres revenus, notamment certains dividendes ou loyers résidentiels, peuvent relever de taux spécifiques.
Peut-on vraiment payer 1 % d’impôt en Géorgie ?
Oui, certaines personnes physiques éligibles au Small Business Status peuvent être imposées à 1 % sur leur revenu imposable relevant du régime. Mais le statut n’est pas universel : l’activité, les exclusions et les seuils doivent être vérifiés.
Faut-il vivre 183 jours en Géorgie pour être résident fiscal ?
La règle générale prévoit notamment 183 jours ou plus de présence en Géorgie sur une période continue de 12 mois se terminant pendant l’année fiscale concernée. Il existe toutefois des règles particulières et d’autres voies dans certains cas.
Les revenus étrangers sont-ils taxés en Géorgie ?
Il ne faut pas répondre simplement « oui » ou « non ». Le traitement dépend notamment de la source et de la nature du revenu. Le Code prévoit une exonération pour certains revenus d’une personne physique résidente qui ne constituent pas des revenus de source géorgienne.
Une LLC géorgienne paie-t-elle 15 % sur les dividendes ?
La formulation est trompeuse. Les 15 % correspondent au mécanisme de profit tax applicable notamment aux bénéfices distribués. Les dividendes versés peuvent également être soumis à une retenue à la source de 5 % dans les cas généraux prévus par le Code.
Le compte bancaire géorgien rend-il résident fiscal ?
Non. Un compte bancaire est un outil financier et ne suffit pas à établir une résidence fiscale. La banque applique par ailleurs ses propres règles KYC.
Peut-on quitter la France et créer directement une société en Géorgie ?
Créer une société ne suffit pas à organiser une expatriation. Il faut d’abord analyser la résidence fiscale, les obligations françaises, l’éventuelle Exit Tax et la cohérence de l’ensemble de la transition.
Vous envisagez de vous installer en Géorgie ?
La fiscalité géorgienne peut être extrêmement intéressante, mais uniquement si elle est adaptée à votre situation. Le 1 % n’est pas le point de départ. Votre résidence fiscale, votre activité, vos revenus, votre structure et votre transition depuis la France doivent fonctionner ensemble.
Si vous préparez concrètement votre installation, GéorgieFacile peut vous accompagner sur les démarches locales : création d’entreprise individuelle ou LLC, Small Business Status, compte bancaire, domiciliation et organisation pratique de votre arrivée en Géorgie.
L’objectif n’est pas simplement de créer une société. C’est de construire une installation cohérente, documentée et adaptée à votre situation.
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